Le 29 novembre, le peuple suisse se prononcera sur une hausse de la TVA destinée à financer la 13ème rente AVS. Le taux ordinaire passerait de 8,1 à 8,5%. Le PLR recommande de refuser cette augmentation. Non pour remettre en cause la 13ème rente, qui sera versée dès cette année quel que soit le résultat du scrutin, mais parce que la solution proposée alourdirait la facture des consommateurs sans apporter de réponse à la hauteur des défis qui attendent l'AVS.
La Suisse dispose d'un atout précieux: un taux de TVA relativement bas en comparaison internationale. Pourquoi l'affaiblir alors que le pouvoir d'achat des ménages, notamment de la classe moyenne, est déjà sous pression? Une hausse de la TVA renchérirait la consommation et pénaliserait, indirectement, nos PME. Ce n'est pas ainsi que l'on soutient celles et ceux qui travaillent, entreprennent et font vivre notre économie.
Plus grave encore, cette ponction supplémentaire ne constituerait qu'une réponse partielle. La 13ème rente AVS coûtera dans un premier temps quelque 4,2 milliards par année. Alors que la hausse de la TVA soumise à la votation populaire rapporterait environ 1,5 milliard. Elle ne suffirait donc pas, à elle seule, à garantir un financement pérenne de la 13ème rente. Et demain? Faudra-t-il augmenter encore la TVA, tranche après tranche? Cette politique du salami ne saurait tenir lieu de stratégie.
Contrairement à certaines affirmations alarmistes, l'AVS est loin d'être au bord de la faillite. En 2025, elle a enregistré un résultat de répartition positif de 1,8 milliard. Sa fortune dépassait 60 milliards, soit 113% de ses dépenses annuelles! Un patrimoine considérable, dont la gestion soulève du reste des interrogations, notamment en raison du choix controversé de le confier à une banque dépositaire américaine. N’oublions pas que la fortune de l’AVS a été constituée grâce aux cotisations et contributions de générations de salariés, d'indépendants, d'employeurs et de contribuables. En mobiliser une partie, de manière mesurée et transitoire, pour financer la 13ème rente n'a rien d’incohérent.
Cela ne signifie pas pour autant que nous pouvons rester les bras croisés. Dans dix à quinze ans, les départs à la retraite de nombreuses personnes aujourd'hui actives modifieront profondément l'équilibre entre cotisants et rentiers. Voilà l'enjeu majeur. Il exige une réforme d'ensemble, non seulement pour assurer le financement à long terme de la 13ème rente, mais surtout pour préparer l'AVS à l'évolution démographique.
C'est dans cette perspective que s'inscrit la réforme AVS 2030, mise en consultation par le Conseil fédéral jusqu'en septembre dernier. D'autres pistes méritent aussi d'être examinées, notamment celle du Centre Patronal, qui propose de déterminer le droit à une rente complète selon le nombre d'années de cotisation plutôt qu'un âge fixe de départ à la retraite. Une chose est certaine: l'avenir de l'AVS mérite mieux qu'une succession de mesurettes bricolées.
Pour une AVS solide demain, votons non à la hausse de la TVA!
Olivier Feller
Conseiller national PLR Vaud
Article publié dans Vaudois! du 28 octobre 2026